La « radio JDLC » en bref…
« J’adore la télévision, en fermant les yeux, c’est presque aussi bien que la radio. »
Pierre-Jean Vaillard
Afin de créer un outil d’animation socioculturel interactif, notre association a crée une radio sur le net permettant une diffusion en direct et en différé des programmes. Cette web radio peut fonctionner 24h/24h grâce à des logiciels d’automation qui diffusent une « play list » (liste de programmations) sans intervention humaine.
Un tel projet répond à plusieurs constats : Les jeunes ont un besoin important de s’exprimer et de partager leur expérience. La radio en tant que média facilement accessible (de plus en plus sur le net) peut faciliter cet échange.
A noter aussi la place importante de la musique chez les adolescents, de la légèreté et facilité d’utilisation du média radio, et de la nécessité pour la Jeunesse de la Côte de non seulement diversifier son offre mais aussi de communiquer et interagir avec la « Cité ». Sans compter l’intérêt qu’il peut y avoir autant pour les adultes que les jeunes de s’écouter et de mieux se connaître. Le public cible ne se limitera donc pas aux jeunes mais à tout adulte aussi soucieux de partager la réalité de la jeunesse actuelle.
Quelques réflexions sur la radio…
Certains disent que le poète est parti et que la radio a pris sa place. Mots, intonations de voix, rythme de lecture, chansons se perdent dans l’atmosphère et aux oreilles des auditeurs radio. Mais l’écoute est attentive, imagée, stimulante : le lien entre l’émetteur et le récepteur ne souffre que de peu d’intermédiaires.
La radio est légère aussi : ordinateur, micro, enregistreur et un site internet avec « streaming » suffisent aujourd’hui à diffuser et recevoir du contenu radio en direct sans répondre aux exigences en temps et qualité de l’image. Avec un minimum de préparation et de moyens technique, un public non professionnel peut faire de la radio de qualité « écoutable »
Bref historique….: la radio, tradition suisse ?
L’invention de la radio est une œuvre collective, qui part de la découverte des ondes électromagnétiques, de l’invention du télégraphe, et aboutit aux premiers matériels utilisables pour communiquer sans fil :
▪ 1840 : Samuel Morse invente le télégraphe, son assistant Ernest Vail invente le code dit Morse.
▪ 1866 : Mahlon Loomis revendique la première transmission sans fil en Virginie
▪ 1883 : Thomas Edison invente le tube à vide
▪ 1886-1888 : Heinrich Rudolf Hertz met en évidence les ondes radio par le biais de l’expérience de Hertz. Elles seront appelées « ondes hertziennes » en son honneur.
▪ 1889 : Tesla réalise un générateur hautes fréquences (15 kHz) ; en 1893, il expérimente la première communication radio.
▪ 1890 : Branly découvre le principe de la radioconduction et met au point le premier détecteur d’ondes sensible, le radioconducteur, qui prendra le nom de cohéreur contre l’avis de son inventeur.
▪ 1891 et 1893 : Tesla brevette le système sans fil Tesla (radio télégraphe) et met au point des lampes électroniques froides.
▪ 1893 : Le professeur Alexandre Popov de Saint-Pétersbourg, découvre le principe de l’antenne qui va permettre des liaisons à grande distance. Plus tard il découvre sans y prêter attention la jonction et l’effet d’amplification par semi-conducteurs (environ 40 ans avant la découverte du transistor)
▪ 1895 : Guglielmo Marconi expérimente les premières liaisons hertziennes sur
une distance de 1 500 m. Marconi met en application toutes les expériences de ses prédécesseurs pour établir des communications sans fil à grande distance et en fait un véritable business (The Wireless Telegraph & Signal Company Limited). Il réalise ses premiers essais significatifs de télégraphie sans fil à Salvan dans les Alpes suisses, durant l’été 1895. Salvan (Valais) a été reconnu par l’association américaine des ingénieurs (IEEE) comme le « berceau des télécommunications ».
▪ 2000 et plus : les radios sur internet connaissent un essor constant. En 2007, une enquête américaine[1] a mis en évidence que 19% des consommateurs de radio de 12 et plus écoutait la radio à travers internet. En 2008, une autre enquête a montré que 13% des Américains entre 25 et 54 ans écoutait la radio sur internet contre 11% en 2007. La progression d’écoute des radios du net a donc encore de fortes chances de progresser de pair avec les évolutions technologiques. Aujourd’hui, grâce au système wifi, il est déjà possible de se connecter au net dans les écoles secondaires, universités et bibliothèques.
La radio auprès des jeunes ?
Une enquête de la CRIOC[2] montre une présence très forte des médias (Radio, TV et Internet) dans les foyers. Beaucoup de jeunes ont aujourd’hui accès à ces médias depuis leur chambre[3] et l’internet est en augmentation[4]. Dans le cadre d’une recherche[5], Daniel De Smet de l’Université de Louvain en Belgique a par ailleurs observé plusieurs incidences des médias sur les jeunes entre 12 et 18 ans selon lui « superinternetisé » :
- Les jeunes apprennent le « monde » à travers leurs amis
- Les adolescents ont un comportement tribal qui s’observe la toile par la fidélité à certains sites web et du mimétisme (« je vais sur le même site que mon copain. »).
- Les Jeunes font l’apprentissage de l’espace public sur le web.
- Le blog est particulièrement attirant pour le jeune dans la mesure où il lui permet de participer au « Star Système »
- Les jeunes sont conscients du pouvoir d’un média et qu’un média peut faire beaucoup de mal (Ex. insulte publique).
- Le net permet d’accroître le réseau social entre pairs (personnes égales) et l’échange d’informations
- Pour De Smet, il y a aujourd’hui un phénomène durable de « littéracie » médiatique, d’éducation à travers les médias, mais il est nécessaire pour les jeunes d’apprendre à utiliser les médias et de « les garder à distance critique ». Ex. Mieux vaut se savoir influencer par la publicité que de croire que l’on ne l’est pas.
- De Smet pense par ailleurs qu’il existe des « niches micro communautaires » d’audience à condition de créer du contenu de qualité, d’oser le non-conformisme et d’impliquer l’audience. Sylvain Lafrance, vice-président de Radio Canada ajoute qu’il faut arrêter de croire qu’il suffit pour les Radios de créer du contenu mais qu’elles doivent savoir sonder les intérêts de leur public. L’objectif de notre association est carrément de le faire participer au maximum.
Quels intérêts des jeunes pour la radio ?
L’adolescence est une période phare dans la construction de la personnalité, des intérêts et goûts personnels, et l’identification à une collectivité. C’est à cet âge que les jeunes adoptent en général les règles et attributs d’un groupe notamment en matière vestimentaire et choix musicaux, et se distinguent à traves cette appropriation d’autres groupes. D’où probablement ce besoin marqué chez les jeunes de s’exprimer que ce soit par leur apparence, revendications ou expressions culturelles (musiques, rap, danses, etc.).
C’est dans cette optique de « Radio comme outil d’expression et de partage pour les jeunes » que s’inscrit le projet Radio de la Jeunesse de la Côte.
Idées de noms pour la Radio ?
Radio Banana, Radio Côte (Côte d’Adam ou de boeuf ? Bof…), Radio « de Ouf », Radio Wesch (« salut et meilleurs vœux » en langage jeunes),…. plusieurs appellations sont évoquées pour coller à la radio. Mais pour finir c’est la simplicité qui l’emporte avec le nom « Radio JDLC ».
Moyens nécessaires ?
La jeunesse de la Côte dispose de locaux au deuxième étage, en particulier la salle multimédia, susceptible d’accueillir un studio radio.
Le studio radio doit se composer d’un espace bien isolé sur le plan phonique, d’une table ronde équipée de micros dans chaque direction, d’une table de mixage, de lecteurs de CD et MP3, d’un ordinateur de diffusion et d’une connexion à internet.
La Radio Web est accessible à travers le site internet de la Jeunesse de la Côte et proposée pour différent lecteurs (Windows media player, itunes, etc.)
Une telle infrastructure simple mais exigeante sur le plan technique a demandé l’intervention d’un spécialiste multimédia pour les questions de streaming, d’hébergement, de direct et d’automation de diffusion.
Dans un deuxième temps, un investissement en temps et moyens financier sera nécessaire pour constituer une bibliothèque musicale attractive, créer un studio, former des jeunes à la radio et faire la publicité du nouveau média.
Moyens de promotion ?
Etant donnée la capacité des jeunes à communiquer sur internet et à créer des réseaux, notre association misera sur la diffusion électronique du média. Dans cette optique, il est important de garder à l’esprit les qualités interactives du WEB 2.0.
Des réseaux sociaux comme Facebook, MSN ou Twitter paraissent particulièrement efficaces pour se faire connaître auprès des jeunes.
A noter ici qu’il est pertinent de viser une large diffusion et d’atteindre un maximum de jeunes dans la mesure où la qualité de nos contenus dépendra de la créativité et diversité au sein de la Jeunesse. Cette approche peut aussi nous permettre d’éviter le « star system » qui ne permettrait qu’à une minorité d’animer la radio mais aussi de stimuler ceux qui participent à la réalisations des émissions : « Si des gens écoutent, je soigne ma présentation… »
Nous soulignerons encore l’importance des médias traditionnels dans la mesure où ceux-ci permettent de sensibiliser le public adulte à notre démarche, mais aussi par leur exigence de qualité qui doit rester une référence dans la têtes des animateurs de la Radio JDLC : Créer un contenu de qualité n’est pas facile mais ce défi est stimulant en soi. Des jeunes pourront ainsi s’initier aux métiers de journaliste, d’animateur ou de la technique.
En conclusion, l’Internet permet sans grands moyens de diffuser en direct ou différé ses propres émissions radio/TV et c’est pour nous en quelque sorte la renaissance des radio libres qui auparavant empruntaient la bande FM. De plus, il faut souligner que par rapport à d’autres pays, la Suisse fait office de parent pauvre. Aux USA par exemple la plupart des écoles et universités d’une certaine taille ont leur chaîne de radio et/ou TV pour permettre aux jeunes de s’exprimer et de se former aux métiers de la communication.
[1] Bureau de consultants « Bridge Ratings and Research »
[2] Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs
http://www.slideshare.net/theafter/jeunes-et-nouvelles-technologies-gsm-et-internet-amis-ou-ennemis
[3] Un jeune sur trois dispose d’un équipement média dans sa chambre
[4] A noter que l’enquête du CRIOC montre étonnamment que les enfants de familles monoparentales sont mieux connectés que ceux de familles traditionnelles.
[5] Groupe de recherche en médiation des savoirs (GREMS)



